La Cour suprême de Somalie a déclaré illégale, jeudi, la prolongation d’un an du mandat du président Hassan Sheikh Mohamud. Cette décision intervient dans un climat de tensions politiques marqué par des affrontements à Mogadiscio.
Au centre de la crise, une réforme électorale portée par le chef de l’État. Elle vise à remplacer progressivement le système de représentation clanique par des élections au suffrage universel direct. L’opposition dénonce une manœuvre destinée à renforcer le pouvoir présidentiel.
Arrivé à échéance en mai dernier, le mandat du président avait été prolongé jusqu’en 2027, sur la base d’amendements constitutionnels adoptés en mars. Mais la Cour suprême estime que ces modifications ne peuvent s’appliquer au mandat en cours. Hassan Sheikh Mohamud aurait donc dû quitter ses fonctions en mai.
Un conflit ouvert entre la présidence et la justice
La crise s’est intensifiée après l’annonce, mercredi, de la révocation du président de la Cour suprême, Bashe Yusuf Ahmed, par le chef de l’État. La juridiction a rejeté cette décision, la qualifiant de « nulle et non avenue ».
Cette confrontation institutionnelle accentue l’incertitude politique dans le pays.
Une situation sécuritaire toujours préoccupante
La crise intervient alors que la Somalie fait face à la menace persistante du groupe islamiste Al-Shabaab, affilié à Al-Qaïda.
Le retrait annoncé des troupes ougandaises d’ici fin 2027 et la suspension du financement américain d’une mission logistique de l’ONU fragilisent davantage le dispositif sécuritaire. Dans ce contexte, les divisions politiques risquent de compliquer la lutte contre les groupes armés.
Germaine Mansaré pour Activeinfo24.com




