Le président du Bangladesh, Mohammed Shahabuddin, a annoncé sa démission avant la fin de son mandat, invoquant des raisons de santé. Cette décision intervient dans un contexte de profondes mutations politiques dans le pays, marqué par le changement de pouvoir et les répercussions de la chute de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina.

La démission du chef de l’État a été confirmée ce samedi 25 juillet par le président du Parlement, Hafiz Uddin Ahmad, lors d’une conférence de presse. Conformément à la Constitution, ce dernier assurera l’intérim jusqu’à l’élection d’un nouveau président.

Dans sa lettre de démission, Mohammed Shahabuddin explique souffrir de plusieurs problèmes de santé, notamment d’une neuropathie autonome, une maladie qui lui provoque parfois de brèves pertes de connaissance. Selon plusieurs sources, le président de 76 ans est hospitalisé depuis deux jours à l’hôpital militaire général.

Élu sans opposition en 2023 sous les couleurs de la Ligue Awami de Sheikh Hasina, Shahabuddin devait initialement achever son mandat en avril 2028. Bien que la fonction présidentielle soit essentiellement honorifique au Bangladesh, son départ est perçu comme un événement politique majeur.

Cette démission intervient alors que l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina, renversée en août 2024 puis réfugiée en Inde, a annoncé son intention de rentrer au Bangladesh en décembre prochain. En novembre 2025, elle a été condamnée à mort par contumace pour son rôle présumé dans la répression meurtrière des manifestations ayant conduit à sa chute.

Après le départ de Sheikh Hasina, Mohammed Shahabuddin avait supervisé la mise en place d’un gouvernement intérimaire dirigé par le prix Nobel de la paix Mohammad Yunus. Les élections organisées en février dernier ont ensuite porté au pouvoir Tarique Rahman, chef du Parti nationaliste du Bangladesh, tandis que la Ligue Awami, désormais interdite, n’avait pas été autorisée à y participer.

Selon l’agence Reuters, qui cite trois sources proches du dossier, le gouvernement de Tarique Rahman aurait exercé des pressions sur Mohammed Shahabuddin afin qu’il quitte ses fonctions, en raison de ses liens de longue date avec l’ancienne dirigeante Sheikh Hasina. Cette démission pourrait ainsi ouvrir un nouveau chapitre dans la recomposition politique en cours au Bangladesh.

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