Le ressortissant sénégalais Modou Ngom a été condamnéaux États-Unisà la peine maximale. La sentence a été prononcée le29 octobre 2026,par la juge Marianne Hemmeter, du tribunal du Comté de Delaware, rapporte le média américain Wosu.L’affaire du chauffeur de camion originaire du Sénégal porte sur un accident de la route survenu le 11 avril 2026.

Vingt-deux ans et six mois de prison. C’est la peine prononcée contre Modou Ngom. En audience, ce 29 octobre le tribunal a prononcé la peine en suivant la requête du procureur. Le tribunal était présidé par la juge Marianne Hemmeter, du comté de Delaware.

Pour expliquer sa décision, la juge a lancé à Modou Ngom qu’il lui « suffisait de freiner et de regarder devant lui », estimant que la collision aurait pu être évitée, rapporte le média Wosu dans un compte rendu de l’audience. La juge Hemmeter a décrit l’autoroute où s’est produit l’accident comme une « zone de guerre ».

Les faits ayant conduit le chauffeur Modou Ngom devant le tribunal remontent au 11 avril 2026. Il n’a pas pu arrêter son semi-remorque alors que le trafic était au ralenti. Il a ainsi heurté plusieurs véhicules provoquant un carambolage.

L’accident a entraîné le décès de trois membres d’une même famille et fait cinq blessés. Le 25 septembre déjà, un jury l’avait déclaré coupable de huit infractions : trois homicides aggravés et cinq blessures causées par un véhicule. L’audience du 29 octobre ne devait que prononcer la peine.

Le parquet de l’Ohio avait requis que les peines soient exécutées successivement. Ce choix porte leur durée cumulée à vingt-deux ans et demi, soit le maximum annoncé avant cette audience.

Avant d’entendre sa peine, Modou Ngom a dit prier pour les personnes qui avaient perdu la vie. Il a parlé d’un « terrible accident », rapporte le média américain. Jesse Mallen, frère de l’une des victimes, Lynnea Soposki, a pour sa part évoqué devant le tribunal une douleur insupportable pour sa famille.

La loi en vigueur dans l’État de l’Ohio prévoit, pour les infractions retenues contre Modou Ngom, jusqu’à cinq ans de prison pour chacun des trois homicides aggravés et jusqu’à dix-huit mois pour chacun des cas de blessures.

Leur addition donne quinze ans pour les décès et sept ans et demi pour les blessures. Mais elle ne s’impose pas automatiquement au tribunal.

La loi américaine prévoit l’application de peines consécutives. Elles peuvent s’appliquer soit « pour protéger le public contre de futurs crimes », soit « pour punir le délinquant » et à condition « que les peines consécutives ne soient pas disproportionnées ». Enfin, il faut qu’au moins une des conditions prévues par la loi soit remplie.

À la suite de l’audience du 25 septembre 2026 et des réaction qu’elle avait suscité au sein de l’opinion publique sénégalaise, Ouestaf News avait demandé et obtenu des documents de la justice américaine pour comprendre le fond du dossier.

Dans ces documents, il était indiqué que le jury pouvait retenir une qualification moins grave pour les décès, voire acquitter le chauffeur. Mais ces derniers ont finalement considéré que sa conduite était « reckless », terme utilisé pour caractériser une imprudence marquée et une indifférence délibérée face aux risques. Cette qualification ne suppose pas une intention de tuer. Néanmoins, pour la justice américaine, l’homicide aggravé était évident.

Au procès, Modou Ngom et sa défense ont contesté avoir conduit avec cette imprudence qu’on lui reproche.

Au Sénégal, l’affaire a suscité l’émoi sur les réseaux sociaux et une certaine mobilisation. Une pétition appelant à la clémence a recueilli près de 150.000 signatures à la date du 29 octobre 2026. Les soutiens du ressortissant sénégalais insistaient sur le caractère non intentionnel. Le dossier judiciaire, lui, portait sur le degré d’imprudence reconnu par le jury.

Interrogé par Ouestaf News après l’audience du 29 octobre, l’avocat de Modou Ngom, Jeffery Poth, a indiqué que son client pourrait  se pourvoir en appel, mais avec une équipe d’avocats différents, sans fournir davantage de détails.

Pour l’heure, l’annonce des vingt-deux ans et demi repose sur des comptes rendus de la presse américaine, et non sur des documents de la justice. Les éléments exacts de la condamnation restent à préciser dans la décision écrite, qui n’avait pas encore été rendue au moment de la publication, selon Jeffery Poth, avocat du chauffeur.

Ouestaf News