La tension persiste sur le marché du gaz butane en Guinée, alors que les autorités et les acteurs du secteur multiplient les initiatives pour renforcer l’approvisionnement. Dans certaines zones, la situation donne également lieu à une hausse des prix et à des pratiques spéculatives.
Alors que l’arrivée de nouvelles cargaisons est annoncée pour améliorer la disponibilité du produit, certains commerçants profiteraient de la situation pour revoir leurs prix à la hausse. Selon un témoignage rapporté par nos confrères de Mediaguinée, une bouteille de gaz de 12 kilogrammes, qui se vendait auparavant autour de 125 000 francs guinéens avant de passer à 140 000 francs, serait désormais proposée jusqu’à 250 000 francs guinéens dans certains points de vente.
Une situation qui alimente l’inquiétude des ménages, particulièrement dépendants du gaz butane pour la cuisson.
Une nouvelle cargaison de 700 tonnes réceptionnée à Kamsar

Pour renforcer l’offre sur le marché national, un navire butanier transportant 700 tonnes de gaz a été réceptionné dimanche 4 octobre 2026 au port KCT de Kamsar.
Cette cargaison doit contribuer à améliorer l’approvisionnement et à faciliter l’accès au gaz pour les ménages. D’autres sont également attendues dans les prochaines semaines, avec notamment 800 tonnes supplémentaires annoncées à partir du 20 octobre.
Au total, l’objectif affiché est de renforcer progressivement les stocks afin de répondre à une demande qui ne cesse de progresser.
Une consommation en forte hausse

Cette pression sur l’approvisionnement s’explique notamment par la progression spectaculaire de la consommation de gaz butane en Guinée.
Selon les données communiquées par le Fonds d’appui à la promotion des gaz (FAPGAZ-SA), la consommation, qui dépassait à peine 1 800 tonnes par an en 2019, a atteint environ 3 000 tonnes par mois en 2025, soit près de 36 000 tonnes sur une année.
Cette évolution traduit une adoption croissante du gaz butane par les ménages guinéens, mais elle pose également de nouveaux défis en matière d’importation, de stockage et de distribution.
L’enjeu du stockage et du dépôt gazier


Pour accompagner cette croissance et mieux anticiper les éventuelles tensions, la question des infrastructures de stockage apparaît désormais comme un enjeu majeur.
Grâce à la vision éclairée du président Mamadi Doumbouya, le FAPGAZ-SA a réalisé, sur fonds propres, une usine de fabrication et de reconditionnement de bouteilles de gaz à Konta, dans la préfecture de Forécariah. Cette infrastructure vise à faciliter la disponibilité des bouteilles et à accompagner l’essor de la consommation du gaz butane.

Le projet prévoit également la construction d’un dépôt gazier à proximité de l’usine. Pour les acteurs du secteur, l’accélération de cette infrastructure permettrait à la Guinée de mieux constituer ses stocks et de réduire sa vulnérabilité face aux perturbations du marché international.
Anticiper plutôt que subir
Les tensions actuelles sur le marché international des hydrocarbures montrent l’importance pour les pays importateurs de disposer de capacités suffisantes de stockage et de réserves stratégiques. La Guinée n’est d’ailleurs pas le seul pays de la sous-région confronté à des difficultés d’approvisionnement, la Côte d’Ivoire et le Sénégal connaissant également des tensions sur le marché du gaz.
Dans ce contexte, l’arrivée successive de nouvelles cargaisons constitue une réponse immédiate au déficit observé. Après les 700 tonnes réceptionnées à Kamsar, les 800 tonnes attendues à partir du 20 octobre devraient contribuer à détendre progressivement le marché.
Mais au-delà des cargaisons ponctuelles, l’enjeu reste désormais de sécuriser durablement l’approvisionnement, renforcer les capacités de stockage et lutter contre la spéculation, afin que l’augmentation de la demande ne se traduise pas par une nouvelle flambée des prix pour les consommateurs.
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