L’Union des Radios et Télévisions Libres de Guinée (URTELGUI) alerte face à la diffusion de contenus musicaux jugés injurieux sur les antennes des médias privés. Dans un communiqué signé de son président, Aboubacar Camara, l’organisation appelle ses membres à renforcer leur vigilance éditoriale et à retirer de leur programmation les morceaux contenant des propos diffamatoires ou insultants.
L’URTELGUI se dit préoccupée par la multiplication des « clashs » musicaux qui, selon elle, dépassent parfois le cadre de la créativité artistique pour verser dans « des injures à peine voilées, la diffamation et le manque de respect ».
L’organisation rappelle que les radios et télévisions privées ont une mission qui va au-delà du divertissement. « La radio et la télévision ne sont pas de simples plateformes de divertissement. Nous sommes des éducateurs de la société guinéenne », souligne le communiqué. Elle estime que la musique doit avant tout « conseiller, éduquer, sensibiliser et rassembler », notamment auprès de la jeunesse.
Tout en reconnaissant que le droit d’auteur protège les œuvres originales de l’esprit, l’URTELGUI insiste sur le fait que cette protection ne couvre pas les infractions prévues par la loi. Se référant à l’article 363 du Code pénal, elle rappelle que « la diffamation et l’injure publique ne sont pas protégées » et qu’une œuvre comportant des propos portant atteinte à l’honneur d’autrui relève du délit plutôt que de l’expression artistique.
Face à cette situation, l’organisation adresse plusieurs directives à ses radios et télévisions membres. Elle demande notamment de « censurer systématiquement » les chansons ou extraits contenant des injures, des attaques personnelles ou des propos diffamatoires. Elle invite également les responsables des médias à renforcer le contrôle éditorial avant toute diffusion, estimant que « le direct et le buzz ne doivent pas faire oublier nos obligations légales et déontologiques ».
L’URTELGUI recommande en outre de ne plus offrir de tribune aux auteurs de contenus jugés contraires à l’éthique, estimant que « donner la parole, c’est aussi cautionner ».
La faîtière des médias audiovisuels privés précise toutefois qu’elle ne remet pas en cause le principe du clash artistique. Selon elle, « le clash artistique, quand il se fait dans le respect, dans l’intelligence des mots et sans toucher à la dignité des personnes, fait partie du jeu et participe à l’économie culturelle ». En revanche, « dès lors qu’il franchit la ligne rouge de la loi et de la morale, il n’a plus sa place sur nos antennes ».
En conclusion, l’URTELGUI appelle les médias privés à faire preuve de responsabilité afin de préserver leur crédibilité, protéger la jeunesse et respecter la législation en vigueur. « Clashez, créez, amusez… mais gardez la loi et l’éthique comme votre beat de fond », conclut le communiqué, exhortant l’ensemble de ses membres à appliquer strictement ces nouvelles orientations éditoriales.
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