Le tribunal de première instance de Dixinn a rendu son verdict ce lundi dans l’affaire qui agitait les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines. Moussa Oularé, poursuivi pour incitation à la haine et injures publiques envers la communauté forestière, a été reconnu coupable et condamné à un an d’emprisonnement, assorti d’une amende de dix millions de francs guinéens.

Des larmes à la barre, mais une culpabilité reconnue

Visiblement ému, le prévenu a fondu en larmes face au procureur, reconnaissant les faits tout en tentant d’en atténuer la portée. Selon lui, ses propos auraient été tenus « sous l’effet de la colère » et jamais destinés à être rendus publics. Il a mis en cause son compagnon, qui aurait diffusé une vidéo tronquée sans son consentement : « La vidéo n’était pas en live, il a coupé certaines parties pour publier ce qu’il voulait », a-t-il affirmé.

Né et grandi à N’Zérékoré, en région forestière, Moussa Oularé a insisté sur ses liens personnels avec cette communauté pour plaider sa bonne foi : « Je ne peux en aucun cas dénigrer mes parents forestiers. » Il a conclu par des excuses publiques appuyées, évoquant le déshonneur infligé à sa famille.

Le parquet réclame l’exemplarité

Le procureur Aboubacar Sidiki Camara n’a pas été convaincu par ces regrets. Pour le ministère public, les déclarations de Moussa Oularé ont été formulées « en pleine connaissance de cause » avec l’intention de blesser. « Tout un peuple se trouve indigné », a-t-il rappelé, avant de requérir une peine de cinq ans d’emprisonnement et dix millions de francs guinéens d’amende, en application notamment des articles 363 alinéa 2 et 366 du code pénal, ainsi que l’article 29 de la loi 037.

La défense plaide les circonstances émotionnelles

L’avocat de la défense, Me Kemoko Malick Diakité, a quant à lui insisté sur le contexte émotionnel dans lequel les propos ont été tenus, soulignant que son client n’était ni l’auteur de la diffusion, ni le détenteur de la caméra. « Celui qui a parlé sous la colère n’est pas forcément quelqu’un qui veut diviser les ethnies », a-t-il plaidé, estimant que le pardon exprimé devait être pris en considération.

Un verdict en deçà des réquisitions

Le juge Mohamed Sangaré a finalement retenu une peine nettement inférieure aux réquisitions du parquet. Déclarant Moussa Oularé « coupable des délits d’incitation à la haine et d’injures par le biais d’un système informatique », il a prononcé un an d’emprisonnement ferme et dix millions de francs guinéens d’amende, mettant les frais et dépens à la charge du condamné.

Les deux parties disposent désormais d’un délai de quinze jours pour faire appel de cette décision.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions intercommunautaires en Guinée, où les discours haineux diffusés sur les réseaux sociaux font l’objet d’une surveillance judiciaire accrue.

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