À l’occasion du premier anniversaire de la proclamation de la Révolution progressiste populaire, le président de la transition burkinabè, Ibrahim Traoré, est sorti de sa réserve médiatique.
Dans une longue interview accordée à plusieurs médias africains et occidentaux, le chef de l’État a abordé sans détour les principaux enjeux auxquels fait face le Burkina Faso : sécurité, gouvernance, relations diplomatiques et stabilité politique.
Une guerre contre le terrorisme « bientôt terminée »
Sur le front sécuritaire, le capitaine Traoré affiche une confiance assumée. Il promet une issue prochaine à la lutte contre les groupes armés, mettant en avant les avancées des forces de défense et de sécurité sur le terrain. Selon lui, ces progrès se traduisent déjà par la réinstallation progressive de personnes déplacées internes dans plusieurs localités du pays.
Une vision critique de la démocratie
Interrogé sur la récente charte de la Révolution adoptée par les autorités, le président burkinabè a tenu un discours tranché sur la question démocratique. Pour Ibrahim Traoré, l’organisation d’élections n’est pas une priorité immédiate. Bien que le texte ouvre la possibilité pour lui de se présenter à de futurs scrutins, il appelle à reléguer le débat démocratique au second plan.
Dans une déclaration controversée, il affirme que « la démocratie tue », citant notamment l’exemple de la Libye, qu’il considère comme une illustration des dérives liées à certaines interventions internationales.
Tentative de coup d’État : des accusations graves
Le chef de la transition est également revenu sur la tentative de coup d’État survenue en janvier 2026. Un épisode qui avait notamment conduit à l’extradition depuis le Togo de l’ancien président de la transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba.
Selon Ibrahim Traoré, cette tentative impliquerait « des personnalités et plusieurs pays supposément amis ». Il évoque un dossier « très complexe » et affirme que les instigateurs anticipaient un lourd bilan humain, sans toutefois fournir de détails précis.
Mise en garde aux pays voisins
Sur le plan régional, le ton s’est durci. Le président burkinabè n’exclut pas une confrontation militaire avec tout pays qui viendrait à provoquer son territoire. Il cite notamment un incident survenu dans une zone frontalière avec la Côte d’Ivoire pour illustrer la montée des tensions.
Une ligne politique assumée.
À travers cette sortie médiatique, Ibrahim Traoré confirme sa volonté de maintenir une ligne politique souverainiste et sécuritaire, quitte à s’éloigner des standards démocratiques traditionnels et à tendre ses relations avec certains partenaires régionaux et internationaux.
Dans un contexte régional déjà fragile, ces déclarations pourraient redéfinir les équilibres politiques et diplomatiques en Afrique de l’Ouest dans les mois à venir.
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