La crise de liquidité qui secoue actuellement la Guinée continue de susciter des débats passionnés. L’annonce par les autorités monétaires de l’arrivée de nouvelles coupures de francs guinéens (GNF) a ravivé les critiques, notamment de la part de l’économiste Mohamed Lamine Camara, dit Molac.
Dans une publication sur sa page Facebook intitulée « Mes préoccupations et analyses portant sur la crise de liquidité qui affecte le pays, et sur la rumeur relative à la réception de nouvelles coupures de GNF comme ultime solution envisagée par les autorités monétaires. C’est dommage », l’analyste estime que l’injection de nouveaux billets ne constitue pas une solution durable, mais plutôt une « fuite en avant ».
Molac critique une politique « symptomatique »
Selon Molac, la Banque centrale se limite à traiter les symptômes de la crise sans s’attaquer à ses causes profondes. Il met en garde contre les risques d’hyperinflation en cas d’« émission excessive » et souligne que la confiance entre banques et clients reste profondément ébranlée.
L’économiste affirme avoir déjà adressé un mémorandum confidentiel aux autorités, contenant ses propositions détaillées. Toutefois, il dit se réserver de rendre publiques certaines de ses solutions, qu’il juge « stratégiques » et « sensibles ».
La réplique de l’honorable Hamid Camara
Dans les commentaires de la publication, l’honorable Hamid Camara, membre du Conseil national de la transition (CNT), a pris la parole pour contester les arguments de Molac.
S’il reconnaît l’intérêt du débat, il reproche à l’analyste de ne pas apporter de réponses concrètes ni de chiffres précis. L’élu cite notamment l’absence de données sur la masse monétaire M3 en Guinée, les instruments de politique monétaire à privilégier, ou encore les mesures réglementaires pouvant rétablir la confiance bancaire.
« Vous écrivez beaucoup, mais aucune de mes 10 questions de fond n’a trouvé de réponse », écrit-il, soulignant que des critiques générales ne suffisent pas face à une crise aussi grave.
Un débat qui prend de l’ampleur
Face à ces reproches, Molac persiste et signe. Il affirme que certaines de ses solutions ne peuvent être rendues publiques, tout en accusant son contradicteur de « poser de longues questions sans réponses utiles ».
<span;>La controverse, née sur les réseaux sociaux, pourrait bientôt se poursuivre sur un plateau de télévision. Les deux hommes se disent favorables à un face-à-face public, qui permettrait de clarifier leurs positions et d’offrir aux citoyens un débat direct sur la gestion de la crise monétaire.
En toile de fond : une confiance ébranlée
Au-delà de l’affrontement entre les deux personnalités, ce débat met en lumière les inquiétudes persistantes des citoyens. Entre les retraits bancaires plafonnés, la multiplication des rumeurs et la dépendance à l’injection de nouveaux billets, la confiance envers le système financier reste fragile.
Reste à savoir si le débat annoncé permettra de dégager des pistes concrètes pour une sortie durable de crise.
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