Le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), regroupement d’organisations de la société civile guinéenne, interpelle directement la Banque mondiale. Dans une lettre adressée à Ousmane Diagana, vice-président du Groupe pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, le mouvement réclame la suspension immédiate de tous financements en faveur du gouvernement de transition dirigé par le colonel Mamadi Doumbouya.

Cette demande fait suite à un communiqué publié le 6 juin 2025 sur le site officiel de l’institution, annonçant l’approbation d’un crédit de 100 millions de dollars américains de l’Association internationale de développement (IDA) pour un projet en Guinée.

Des violations massives des droits humains dénoncées

Le FNDC qualifie ce soutien financier d’« inadmissible » au regard des « multiples violations graves des droits humains » constatées dans le pays. Le mouvement cite notamment les disparitions forcées de plusieurs figures publiques :

Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, coordinateur national du FNDC ;

Mamadou Billo Bah, responsable de la mobilisation du FNDC et coordinateur du mouvement Tournons la page (TLP-Guinée) ;

Habib Marouane Camara, journaliste d’investigation ;

Sadou Nimaga, ancien secrétaire général du ministère des Mines et de la Géologie.

La lettre évoque également des arrestations arbitraires, dont celles d’Abdoul Sacko, coordinateur du Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG), et de Me Mohamed Traoré, ancien bâtonnier.

Accusations de corruption et d’opacité

Le FNDC dénonce par ailleurs « une course effrénée vers l’enrichissement illicite » au sein des autorités de transition, pointant l’absence de déclaration publique de patrimoine des hauts fonctionnaires depuis le coup d’État du 5 septembre 2021. Selon le mouvement, les responsables se contenteraient de remplir une simple fiche individuelle à la présidence, loin des standards de transparence et de reddition de comptes.

Le document accuse également les autorités civiles et militaires de « corruption systémique, dilapidation des ressources publiques, achat de conscience et blanchiment de capitaux ».

Un appel à la responsabilité de la Banque mondiale

Dans ce contexte, le FNDC estime qu’un tel financement irait à l’encontre des valeurs de justice, de transparence et de responsabilité gouvernementale défendues par la Banque mondiale. Le mouvement appelle donc l’institution à geler immédiatement tous les décaissements et financements destinés aux projets et programmes soutenus en Guinée tant que perdurent ces violations.

« La transparence et la reddition des comptes sont des exigences républicaines », insiste le FNDC, qui considère que le soutien de bailleurs internationaux au régime militaire contribue à légitimer sa gouvernance contestée.

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